Le travail du sexe étant légal en Allemagne, une demandeuse d'emploi s'est vu proposer un contrat dans une maison de passe ; l'opinion s'en est émue : on ne peut pas décemment proposer "ça" à n'importe qui, ce n'est pas un travail comme les autres !

Et si aujourd'hui l'ANPE envoyait à un' demandeur' d'emploi une proposition d'embauche chez France Télécom, comment aurait-ille le droit de l'accueillir ? Où en est la lutte contre les ravages sociaux et moraux de ce qu'il faut bien appeler (malgré des dénégations irréalistes s'appuyant sur les rares exceptions où l'emploi est exercé librement et dans des conditions acceptables) du travail forcé ?

Bien loin des clichés sur le "profil-type" de l'employé' de bureau, fragilisé' par une longue période de chômage et de pauvreté, drogué' à la consommation, séduit' par de fausses promesses, recruté' par de louches intermédiaires ou encore mis' à la pointeuse par saon propre conjoint', on sait aujourd'hui que "ça" peut arriver à tout le monde.

Faut-il réglementer la pratique ou criminaliser l'employeur' ? Interdire le racolage au CV reviendrait à pénaliser plus lourdement encore les victimes de l'exploitation, mais comment faire autrement pour empêcher leur trafic par des marchands d'esclaves ?

On ne peut qu'appeler de nos vœux une législation énergique, seule à même d'enrayer ce fléau d'un autre âge.